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La Démobilisation politique. Frédérique Matonti.

Le choc du 21 avril 2002 aurait été, selon les commentaires de l’époque, le fruit d’un vote massif en direction du populisme d’extrême-droite et d’extrême-gauche. Mais ces réactions à chaud sont contestables car elles relèveraient d’un retour à l’orthodoxie sur le mode du nouvel électeur rationnel mais plutôt méchant, et non plus intelligent comme dans les années 1980, dépassant les sociologies déterministes. Pourtant, ces approches oublient tout le travail de mobilisation participant à la légitimation des systèmes politiques.
Le choc du 21 avril 2002 aurait été, selon les commentaires de l’époque, le fruit d’un vote massif en direction du populisme d’extrême-droite et d’extrême-gauche. Mais ces réactions à chaud sont contestables car elles relèveraient d’un retour à l’orthodoxie sur le mode du nouvel électeur rationnel mais plutôt méchant, et non plus intelligent comme dans les années 1980, dépassant les sociologies déterministes. Pourtant, ces approches oublient tout le travail de mobilisation participant à la légitimation des systèmes politiques.
De fait, ces mécanismes de mobilisation politique semblent grippés (intermittence des votes, non-inscription, baisse du nombre de militants, coupure entre professionnels politiques et profanes, etc.) et il conviendrait de parler de démobilisation politique. La légitimité du système politique et la capacité des individus à s’y orienter seraient remises en questions. Il conviendrait donc de ne pas couper l’électeur de son environnement politique et social et de proposer une vision large de la démobilisation politique.
La décroissance est-elle souhaitable? Stéphane Lavignotte.
Popularisées en 1992 au Sommet de Rio, nous assistons depuis 2004 à un retour des thématiques de la décroissance et du développement durable notamment dans leur appropriation par les partis politiques et les entreprises comme dans l’émergence des initiatives locales et citoyennes.
Certes les divers tenants de la décroissance se rejoignent sur quelques éléments cognitifs et politiques tels que la baisse de la consommation, la multiplication des mécanismes éco-efficients ou sur la nécessité d’insuffler une révolution culturelle gage d’une modification des comportements plus acceptée qu’imposée. Ils s’opposent cependant sur les arrière-plans idéologiques notamment entre la génération de Serge Latouche et celle de Paul Ariès. La seconde de réhabiliter la République et l’Humanisme dénoncés dans les années 60’ par la première.
Stéphane Lavignotte nous propose de repérer les composantes idéologiques de ce que Félix Gattari appelait un territoire de référence, de projets et de représentations dont va découler toute une série de comportements et d’investissements, celui de la décroissance.
La cruauté. Essai sur la passion du mal. Michel Erman.
La cruauté, à la différence de la violence qui peut être utilisée à des fins justes pour empêcher un mal plus grand, reste un acte de démesure sans d’autres visées que l’excès. Et dans sa démesure elle échappe à tout discours, à toute pensée. Ce qui explique qu’on la relègue à la part inhumaine de l’homme, à quelque chose qui serait contre nature. On pense généralement que la cruauté relève du monstrueux donc de l’inhumain. Or n’est-elle pas, au contraire, un propre de l’homme dans la mesure où on ne la retrouve pas dans le reste de la nature, chez les animaux par exemple : les animaux sont violents uniquement pour la possession du territoire, pour la possession des femelles, mais jamais gratuitement.
Un si fragile vernis d’humanité. Banalité du mal, banalité du bien. Michel Terestchenko
Depuis le XVIIIème siècle on a tendance à penser que l’Homme ne souhaite que réaliser ses propres intérêts, que le désintéressement pur n’existe pas, qu’il y a toujours un intérêt (explicite ou caché) derrière chaque action. Cela a été théorisé par Hobbes, La Rochefoucauld (la loi de l’amour-propre commande toutes les actions humaines), Mandeville, Bentham, Edgeworth, Denis Mueller, notamment en économie où l’égoïsme est le postulat général de départ. De là découle le calcul coût/avantage du courant néoclassique. Sigmund Freud et John Rawls affirment également que l’être humain aspire uniquement à son propre bonheur sans se soucier des autres. C’est une vision réductrice des motivations qui nous poussent à aider autrui. S’il semble certain que des individus trouvent une satisfaction personnelle dans l’altruisme cela est sans doute plus le fruit du résultat de ces actions généreuses qu’un but préalable à ces actions.
L’acte de vote. Yves Déloye et Olivier Ihl.
L’ouvrage d’ Yves Déloye et Olivier Ihl s’attache à un objet de la science politique qui suscite de nombreuses productions mais rarement en tant que tel. En effet, pour les politistes le vote n’avait d’intérêt que pour le résultat politique qui en découlait et l’ensemble des conséquences que cela provoquait. Pour les sociologues, l’attention était portée sur ses déterminants. L’ouvrage L’acte de vote, revient sur ce rituel routinisé des démocraties modernes, cette pratique éphémère qui s’inscrit dans le quotidien de la communauté citoyenne et qui scande justement l’appartenance à cette communauté autant que la vie politique.
La société des socialistes, Le PS aujourd’hui. Rémi Lefebvre

Les auteurs entament leur ouvrage en relatant un point de vue assez général sur le parti socialiste Français, celui d’un parti dominé par une lutte des chefs et son chamboulement par l’arrivée impromptue d’un nouveau candidat (à l’investiture) dans l’arène, Ségolène Royale. En effet, cette dernière n’était pas attendue et s’avère très atypique en comparaison avec les autres candidats, notamment par son arrivée sur le devant de la scène.
L’Algérie et la démocratie. Lahouari Addi
Dans cet ouvrage, Lahouari Addi, propose une approche analytique qui permet de mettre à mal les préjugés, les illusions et de relativiser le regard ethnocentrique, afin de mieux comprendre la complexité de la situation algérienne. Revenant sur l’histoire contemporaine de l’Algérie, l’auteur montre que le processus de démocratisation au sein de ce pays rencontre encore des obstacles particulièrement redoutables.
Le nouvel esprit scientifique. G. Bachelard
Célèbre épistémologue et philosophe des sciences français, Gaston Bachelard (1884-1962) étudie l’influence du prisme cognitif du chercheur – ou de l’étudiant chercheur - dans sa quête de savoirs et dans sa capacité à participer à la progression du savoir sur les différents phénomènes. Dans Le nouvel esprit scientifique, il tente de saisir la pensée scientifique contemporaine dans sa dialectique (méthode de raisonnement et de questionnement) et d’en montrer la nouveauté essentielle.
Réinventer l’État. Philippe Bezes
Issus d’un travail de thèse, réalisé en 2002 sous la direction de Jacques Lagroye à science PO Paris, l’ouvrage de Philipe Bezes s’engage dans une observation fine des réformes institutionnelles menées en France entre 1962 et 2008. Pour comprendre les choix successifs de réforme et expliquer leur spécificité nationale, il analyse les initiatives, celle des institutions autant que celles des groupes de réformateurs, réalisées dans des cadres institutionnels contraignants et des significations politiques propres. Il s’efforce de comprendre la mécanique des intervenants, les intérêts qu’ils portent, les ressources qu’ils mobilisent et leurs effets et ce, entre trois groupes majeurs constamment présents dans le dispositif français de réforme de l’État : les exécutifs et législatifs politiques, les hauts fonctionnaires et les experts, offreurs de solutions.
La nouvelle écologie politique. J.P. Fitousi et É. Laurent
Dans cet ouvrage, les deux économistes* établissent un manifeste pour une économie ouverte capable de penser l’économique, le social, le politique et l’environnemental comme des systèmes ouverts les uns sur les autres et inter-fluents. En esquissant un bilan d’une économie finie proposant de gérer la rareté et qui a poussé à l’épuisement des ressources naturelles comme à la stagnation – sinon la dégradation – du capital humain, J.P. Fitousi et É. Laurent proposent les orientations indispensables à une nouvelle écologie politique.